Projet MisChar – Refonctionalisation de sols multicontaminés au moyen d’un biochar de miscanthus : viabilité écologique et intérêt socio-économique de modes de gestion en milieux urbain et agricole

Type de projet : ADEME
Dates : Novembre 2016 – Novembre 2020
Axe et équipe de recherche concernés : Axe 2 – ER 4
Responsable du projet : Francis Douay
Centres concernés : Yncréa Hauts de France, Université de Lille
Partenaires : Université de Lille 1, INRA, Université catholique de Louvain, EPF Nord-Pas-de-Calais, Chambre régionale d’agriculture du Nord-Pas de Calais, AGRIOPALE, EACM, Norenvert, Néo-Eco développement,
Team²
Site web : https://mischar-43.webself.net/

 

Description du projet

Basé sur des dispositifs expérimentaux in situ et une démarche pluridisciplinaire, le projet MisChar évalue l’intérêt d’un charbon végétal (biochar) comme amendement pour :

  •  Restaurer la fonctionnalité de sols urbains et agricoles affectés par des activités industrielles passées,
  •  Réduire durablement la mobilité et la biodisponibilité de polluants inorganiques et organiques (phytostabilisation et phyto/rhizodégradation assistées),
  •  Répondre à des attentes socio-économiques.

La production de biochar s’inscrit dans le cadre d’une économie circulaire en utilisant une biomasse végétale, Miscanthus x giganteus, cultivée sur des sols agricoles fortement contaminés par des métaux.

Le biochar est un des produits issus de la pyrolyse d’une biomasse. Cet amendement est connu pour apporter des éléments nutritifs aux plantes, créer des micro-habitats pour les microorganismes du sol, améliorer les potentialités agronomiques de celui-ci, influer sur le comportement des polluants.

Miscanthus x giganteus est une graminée, robuste, originaire d’Asie, nécessitant peu d’intrants, peu sensible aux maladies et d’une croissance importante et rapide. Cette espèce hybride est aujourd’hui considérée avec intérêt notamment pour la production d’une biomasse lignocellulosique. En accumulant peu le cadmium et le plomb dans ses parties aériennes, elle représente une culture alternative sur des sols contaminés par les activités industrielles.

En s’inscrivant dans les problématiques de l’ancien bassin minier du Nord – Pas de Calais, Mischar intègre deux volets complémentaires, lesquels sont des enjeux majeurs pour les collectivités et les services de l’Etat.

La requalification des espaces urbains contaminés vise aussi à répondre à des attentes en termes de besoins de nature et d’espaces de proximité des habitants, d’amélioration de la qualité des paysages, de maintien et de réalisation de continuités écologiques et paysagères, de gestion et de restauration de sites à haute valeur écologique tout en protégeant les ressources naturelles.

La reconversion de territoires agricoles massivement contaminés en contribuant au développement de biomasses végétales non alimentaires répondant à des attentes sociétales et économiques. Parmi ces biomasses, le chanvre industriel présente des débouchés économiques intéressants. Il pourrait constituer une culture alternative nécessitant toutefois d’adapter les pratiques culturales pour tenir compte de la capacité du chanvre à accumuler les métaux dans ses parties aériennes.

Dans ce contexte, l’intérêt du biochar de miscanthus mérite d’être étudié avec pour objectif de mettre en place des démonstrateurs techniques et financiers pour mieux connaître et promouvoir les modes de gestion des sols multicontaminés auprès des acteurs des territoires concernés (collectivités, bureaux d’études, entreprises spécialisées dans la réalisation et la gestion d’espaces végétalisés urbains, profession agricole, utilisateurs de biomasses végétales, associations…).

Apports scientifiques du laboratoire

L’apport scientifique réside dans la mise en place d’une démarche pluridisciplinaire dédiée à apporter des éléments de réponse sur l’intérêt de modes de gestion de sols multicontaminés avec pour finalité de réduire les dangers environnementaux et sanitaires tout en contribuant à répondre à des attentes sociétales et économiques.